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LA VERITE : APPROCHE COLLABORATIVE ET CONTEMPORAINE

Covid-19 : RETOUR SUR LES DÉBUTS DE LA PANDÉMIE ET RÉFLEXIONS 2 ANS APRÈS

25 Novembre 2021 , Rédigé par Laurent Vivès Publié dans #CORONAVIRUS

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Covid-19 : RETOUR SUR LES DÉBUTS DE LA PANDÉMIE ET RÉFLEXIONS 2 ANS APRÈS

Laurent Vivès – ex praticien hospitalier – Cancérologue – Interniste – 10.11.2022

En Avril 2020, je publiais «  CORONAVIRUS (Covid-19) : REVELATEUR DE CE QUE NOUS SOMMES ».

18 mois plus tard j’ai relu cet article et je livre ici les réflexions que cela m’a inspiré.

« Coronavirus révélateur » est un terme fort employé sur Internet, puisque pour Google 2,716 millions d’U.R.L. répondent présentes à cette requête. Ce virus semble avoir révélé la quasi totalité des problèmes de notre monde : insuffisances, faiblesses, dysfonctions, anomalies, déclin, divisions, tensions, rigidités, tragédies, inégalités, pauvreté, faillite du mondialisme, racisme, fractures sociétales, perte des liens à la nature, inégalités territoriales, problèmes de santé, déni de la mort, puissance chinoise, fragilité des systèmes de santé et de protection sociales aux U.S.A. et ailleurs, etc… Mais il n'y a quasiment aucune  URL pour « coronavirus révélateur de ce que nous sommes« . Seul Emmanuel Macron a clôturé un de ses discours avec cette expression. L’acuité des regards de nombreux observateurs semble avoir embrassée un très large champ, stigmatisant les dysfonctions « des autres », mais pas de " soi même "….

Ou en sommes nous et quelles remarques et réflexions viennent à l’esprit 2 ans après ?

Après avoir douté au début, de la recherche et de la science, il faut d’abord féliciter les vaccins, obtenus grâce à la recherche et aux laboratoires. Heureusement l’ARN messager était dans les pipelines, il a suffit de lui incorporer la protéine Spike et de l’entourer de lipides. Tout est allé très vite, l’efficacité est au rendez-vous. C’est un exploit médical et organisationnel.

Malheureusement, les niveaux de vaccination sont disparates : manque de vaccins pour les pays pauvres, refus de vaccination par simple ignorance, mauvaise information (fakenews, complotisme), et aussi par préférence des libertés individuelles contre le bien commun (« nos chères libertés » – alors qu’être libre c’est d’abord être responsable).

Coronavirus est toujours là, malin, mutant et difficile à éradiquer. Nous n’en avons pas fini avec lui.

La France est un des pays qui a le mieux géré cette crise, au final. Après avoir critiqué les débuts calamiteux face à la pandémie, il faut rendre justice à nos autorités qui ont su ensuite s’adapter, faire le nécessaire et garder le cap malgré la multiplication des critiques dans un pays ou tout le monde a un avis sur tout et croit tout savoir. La majorité silencieuse s’est faite vacciner et aujourd’hui nous pouvons vivre presque normalement. Ce n’est pas le cas de beaucoup de pays qui font face maintenant à la recrudescence épidémique, dont l’Europe de l’est, l’Allemagne (si exemplaire au début), la Belgique, les Pays Bas, l’Irlande, le Royaume Uni, la Turquie, la Russie, les USA, etc.. Ces derniers jours la situation s'aggrave considérablement, même en France

Source :  - Covid 19 : statistiques mondiales 17.11.2021  (2)

Les non vaccinés payent un lourd tribu à leur opposition (pour les récalcitrants) ou à leur dénuement (pour les pauvres). Les formes graves les concernent pour plus de 90% des cas. Certains ont perdu leur emploi à cause du refus de la vaccination.

Les manifestations contre le pass sanitaire ont fait long feu. Certes, on peut voir le pass comme une contrainte, mais sans cette injonction nous serions encore confinés ou menacés de l’être. Aux Antilles, le refus du vaccin amplifie un mécontentement social déjà ancien et fait le lit de la violence.

En métropole les aides de l’état aux professions exposées (commerces, hôtellerie, restauration, artisans, P.M.E.) ainsi que certains salariés, activités et chômages partiels, ont évité la crise sociale. Pourtant, combien à l’époque se sont insurgés contre ce néo-protectionnisme social. La pandémie a révélé l’intérêt d’une protection sociale républicaine face à la dureté de l’ultra libéralisme. D’ailleurs les partis nationalistes d’extrême droite sont en recul en Europe. Il n’y a plus que la Hongrie de Viktor Orbán, que vont courtiser Eric Zemmour, Marine Lepen et sa nièce.

Concernant la vie courante : la pandémie a marqué les esprits et infléchi des comportements parmi lesquels le télétravail, le retour vers la nature et la campagne, certaines prises de consciences (réfléchir au sens de notre vie, être plus solidaires, relativiser l’appât du gain par rapport à la qualité de vie). Les secteurs déjà en souffrance avant la crise (soignants, hôpitaux, police, justice, travailleurs sociaux, enseignants, etc..) sont épuisés et se sentent peu soutenus. Des professions se désertifient (dans la santé surtout). Les soignants applaudis au début ont maintenant le moral en berne.

Par contre l’attrait pour les sorties, les loisirs les voyages est intact. L’économie mondiale repart, on manque des composants électroniques, la fabrication mondiale ne peut répondre à toutes les demandes. La Chine thésaurise les ressources minières et accroît sa puissance. L’Europe s’organise et apparaît comme une zone privilégiée, libre, stable, démocratique et porteuse d’espoir, attirant les étrangers (migrants, travailleurs), au désespoir des Eurosceptiques protectionnistes et nationalistes.

La production de CO2 a retrouvé sa valeur d’avant la crise, qui n’a donc eu aucun effet durable face à l’urgence climatique.

La pandémie est apparue comme une problématique mondiale majeure, et a révélé que la mondialisation n’est pas qu’un enjeu économique et commercial. Elle a été l’objet d’une coopération scientifique, d’un partage d’informations, de statistiques quotidiennes sans précédents. En cela elle interpelle toute la planète au même titre que la dérégulation climatique.

Grace au Coronavirus on s’aperçoit de la faiblesse de la recherche épidémiologique et en santé publique, ainsi que des veilles sanitaires (3). 99% des efforts de recherche vont vers les soins médicaux et sont monopolisés par l’industrie privée. L’O.M.S. est devenue un parent pauvre et ne joue plus son rôle de lanceur d’alerte. Elle recommande et constate mais n’anticipe pas.

La consommation a repris. Les GAFA s’enrichissent en accumulant nos données personnelles que nous leur confions imprudemment. La technologie explose (technologie de rupture et innovation foisonnante), le bon sens commun régresse, les algorithmes vont nous gouverner. Lorsqu’un problème survient on compte d’abord sur la technologie avant d’interroger sa cause profonde et d’impliquer les gens pour sa solution (pollution, surconsommation énergétique, indiscipline, individualisme, irresponsabilité). On assiste à une sensibilisation de l’opinion vers le bio, la protection de la nature, la lutte contre le réchauffement et le gaspillage, qui sont habilement exploités par les publicitaires.

Les médias : sont toujours là, malgré la somme d’erreurs, d’invraisemblance qu’ils ont été amenés à véhiculer au début de la pandémie, via les « experts », les leaders d’opinion, les politiciens, et parfois monsieur ou madame « tout le monde ». Sur les centaines de chaînes de télévision disponibles, seule une petite dizaine sont vraiment informatives et culturelles. Par contre les radios publiques (France Inter, Info, Culture) font attention à leur qualité. Elles n’ont pas trop souffert de la pandémie et sont vraiment utiles.

La liberté de la presse est fragile, la grande fortune souhaite la contrôler pour y véhiculer ses messages conservateurs, consuméristes et affairistes. La presse écrite a beaucoup souffert de la concurrence de Google et des  réseaux sociaux, qui monopolisent les ressources publicitaires. Il y a eu des faillites et des réductions d’effectifs. Le nombre de journalistes diminue dans le monde (600 journalistes de moins chaque année en France selon Julia Cagé (4). Les agences de presses sont aussi touchées. Le journalisme d’investigation sur le terrain est à la dérive. Tout se passe devant les écrans, dans les salles de rédaction et sur les plateaux télé. On y abuse du « copier collé ». La presse d’investigation indépendante et courageuse se compte sur les doigts d’une main (Médiapart, le Monde, le Canard Enchaîné…). Des sites internet d’information émergent mais semblent peu influents.

Le retour en force des Experts et de la Science : La pandémie après avoir « régalé » les fakeniews, les complotistes et les collapsologues a remis au devant de la scène les « experts », invités des radios et télévisions. Ils ont poussé comme de champignons dès lors qu’ils avaient un titre universitaire. Pas un jour sans un expert pour donner son avis. En science, le niveau de preuves le plus bas est « l’avis d’expert ». Ce sont les études concordantes et bien menées, validées par des comités de lecture, qui comptent.

Mais là aussi les choses se dégradent puisque sur 1,5 millions de communications scientifiques annuelles, près de 3% seraient rédigées par des ordinateurs, source d’erreurs et de résultats erronés (5). Covid 19 a fait l’objet de 600 000 publications dont environ 45 000 (7,5%) étaient fausses ou frauduleuses, telle que l’a révélé l’affaire de la méta analyse d’Andrew Hill sur l’Invermectine (6), antiparasitaire censé procurer 56% d’activité sur la Covid et qui est en fait inefficace. La principale cause de ces pratiques est la course aux publications pour classer les universités et les pays dans le monde (indice Shangai), car la notoriété et les financements en dépendent.

Concernant le futur : la pandémie et la menace géo-climatique prégnante se potentialisent pour assombrir le futur et nourrir le ressentiment, qui rassemble des minorités actives et attise les antagonismes (racisme, xénophobie, dénigrement des politiques, religions, sectarismes, repli identitaire des minorités agissantes, etc..). La l’anxiété, la peur, la colère, la haine, l’agressivité forgent les armes de la violence qui ne cesse d’augmenter. Par contre, il semble que les contraintes sanitaires et sécuritaires aient entravées l’action des grands groupes terroristes islamistes avec une baisse des attentats.

L’impact global de la pandémie sera limité. L’humanité la surmontera. On voit déjà un appétit pour reprendre la « vie d’avant ».

La multiplication des sources d’information via les réseaux sociaux et les médias conduit à une cacophonie toxique, que met en avant le rapport mondial 2021 de la C.I.A., Global Trends 2040 (7), et qui risque de rendre le monde futur ingérable. L’éthique et la régulation n’ont pour le moment pas bénéficié de la pandémie. L’Europe travaille sur une législation contraignante pour les GAFA, concernant la gestion des données (confidentialité) et la fiscalité.

Malgré l’urgence et la gravité de la situation, la COP 26 de Glasgow se termine sur une déception de nombreux écologistes et de la jeunesse. Les états font encore prévaloir des intérêts particuliers et les avancées envisagées ne sont pas à la hauteur de la situation.

Pourtant, chaque citoyen peut agir aussi pour le climat, mais il est plus facile de critiquer la mollesse des politiques que de s’astreindre soi même à des modifications de comportements telles que la frugalité, des activités moins polluantes, la gestion des déchets, les économies d’énergie, etc….

Certaines sociétés privées s’activent dans ce sens, font attention, prennent des initiatives contre les émissions de CO2. L’Europe se préoccupe de la déforestation au profit des monocultures (soja, café, huiles de palme, bois etc..) et des élevages extensifs. Avec les photos satellites on peut quantifier l’évolution de la déforestation et sanctionner les produits qui en sont le fruit.

A plus long terme, il est probable que la pandémie sera assez vite oubliée, et passera après des problèmes plus importants, qui outre la crise climatique concerneront la fragmentation et les antagonismes géopolitiques, les migrations climatiques, la dérégulation mondiale, les contestations multiples, le recul de la démocratie, la possible perte de nos identités, menacées par l’invasion technologique de nos vies, et de nos corps (transhumanisme), ainsi que l’apocalypse cognitive devant les écrans, le virtuel et la déshumanisation globale.

 
EN SYNTHÈSE :
Le monde n’en a pas fini avec la pandémie, mais à l’heure ou j’écrivais mon article (03.2020), je ne pensai pas que nous en serions la aujourd’hui. Concernant la pandémie le pessimisme s’éloigne, même s’il convient de rester vigilant. Attention aux voyages et aux grandes réunions. Il faudra vivre avec cette menace probablement longtemps et s’y adapter.
 
Le virus a bien révélé ce que nous sommes :
organisés, inventifs et réactifs, disparates, le plus souvent raisonnables, mais parfois bornés et insensés (les antivax), peu solidaires, encore très attachés à nos modes de vie, mal armés pour réduire drastiquement les émissions de C02, envahis par la technologie et le virtuel, et toujours insuffisamment conscients de nos responsabilités individuelles et collectives envers la planète et l’ensemble de l’humanité.
 
La désunion des « Nations Unies » en fait une utopie du passé, cache misère de la guerre économique, avec une géopolitique bouleversée non régulée, des pouvoirs contestés par des peuples insatisfaits et des modes de vie dangereux pour l’avenir. Conduire une gestion concertée, apaisée, éthique et efficace du monde n’est pas à portée de mains pour le moment, malgré l’alerte « Coronavirus ».
 
Quel monde allons-nous laisser aux enfants qui naissent en ce moment ?

Mes sources :

1 - John Hopkins University – Coronavirus ressource center

2 - Covid 19 : statistiques mondiales 17.11.2021

3 - « Le Covid a servi de révélateur » . Didier Pittet, président de la Mission indépendante nationale sur l’évaluation et la gestion de la crise Covid-19, commente le rapport final de la Mission, rendu public mardi 18 mai. Ouest France

4 - Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie‪. Julia Cagé,  Paris, Éd. Le Seuil/Éd. La République des idées. Editions le Seuil. 2015.

5 - Etudes scientifiques: nouveau terrain de jeux des fraudeurs . Anne Laurre Barral, cellule investigation de radio france. 5.11.2021

6 – Ivermectine : comment une fausse science a créé un médicament « miracle » pour le Covid. Rachel Schraer et Jack Coodman, BBC Realty Chech, 16.10.2021

7 - Global Trends 2040. A more contested World – National Intelligence Council – CIA

 

Machine learning. Apocalypse cognitive
COVID 19 - PANDEMIE - 2 ANS APRES - URGENCE CLIMATIQUE
Fonte du dernier glacier des Pyrénées (le Vignemale)

 

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