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LA VERITE : APPROCHE COLLABORATIVE ET CONTEMPORAINE

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LA VÉRITÉ A L’ÉPREUVE DE LA RUSSIE, DE L'UKRAINE ET DE L'O.T.A.N

10 Mai 2022 , Rédigé par Laurent Vivès Publié dans #UKRAINE, #LA VERITE

Laurent Vivès - Ex Praticien hospitalier - Interniste - Cancérologue

L’invasion de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine dure depuis plus de 2 mois, bouleversant les humanistes et les pacifistes, horrifiés par la violence aveugle envers les populations civiles, au mépris des règles internationales. Chaque jour déverse ses torrents d’informations, d’images, et de commentaires, souvent contradictoires selon les sources. L’infox est aussi une arme de guerre, mais la Vérité du quotidien commence à apparaître et à être connue. Le factuel est maintenant plus facilement constatable et prévaut sur la guerre des chiffres. Les reporters de presse et de télévisions, les O.N.G., sont là. Les témoignages et les images se multiplient, parlant d’eux mêmes. La résistance du peuple Ukrainien est stupéfiante. La violence aveugle des bombardements Russes, les crimes de guerre, et une stratégie de destruction massive, venant du Kremlin, font évoquer un génocide, par certains (dont Joe Biden). Des villes rasées (Marioupol, Izioum, Kharkiv), des massacres (Boutcha et Irpin), des civils et des enfants tués par les bombes Russes, des millions de réfugiés, sont des réalités déjà bien documentées. Des enquêtes judiciaires sont en cours avec l'aide d'Eurojust (European Union Agency for Criminal Justice Cooperation) afin d'accumuler des preuves grâce à une méthodologie coopérative internationale rigoureuse.

Comment en sommes nous arrivés là ? De quelle histoire l'horreur actuelle est 'elle le fruit ? Comment dépasser l'émotion légitime, pour tenter de comprendre et de voir plus clair ? Quels enseignements présents et futurs peut-on dès maintenant essayer d'évoquer ? Peut-on déjà avancer que dans ce début de guerre, c’est la recherche de la Vérité qui prévaut face à l'utilisation du Mensonge ?

C'est ce qu'en tant que citoyen Français, concerné par les affaires du monde, nous allons essayer de faire ici.

1 - La Vérité :

Nous tentons de l’approcher, de la trouver, de la connaître. C’est une recherche permanente, une « tension » vers elle. A chacun sa définition, sa conception, son interprétation. Il n’y a pas une, mais des vérités selon qui la perçoit, la ressent et la profère. Toute vérité est interrogeable, voire réfutable. Bien qu'elle s’approche du bien et de la lumière, sa découverte peut parfois être douloureuse. Que ce soient les philosophes, les historiens, les scientifiques, les journalistes, les médias, les politiciens, tous se réclament de la vérité et aucun du mensonge. Seuls quelques artistes peuvent mettre leur art avant la Vérité.

Pourtant l'être humain a une tendance naturelle au mensonge, et l’histoire en fourmille. Ce sont souvent des mensonges, commis sciemment au service d’intérêts particuliers, de croyances et de fanatismes, ou à des fins de manipulations et d’asservissement. Citons les croisades, l’inquisition, les discriminations et persécutions des Albigeois, des Cathares, des Juifs, les colonisations, mais aussi les mensonges d’états, l’affaire Dreyfus, l’incendie du Reichstag, les propagandes et les camps de concentrations Nazis et Staliniens, les dictatures, l’O.T.A.N. et le Kossovo, les « armes de destruction massives » prétextes à la guerre en Irak (Colin Powell brandissant sa poudre blanche à l’O.N.U. en 2003), l’élection de Donald Trump et le piratage de la boîte mail d’Hillary Clinton...

Mais la Vérité tant bafouée a la peau dure, et des années plus tard il se trouve des courageux pour la défendre et faire la lumière sur beaucoup d’affaires, dont les Pentagone Papers et le Watergate aux USA, l’archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne. Plus près de nous les fuites des systèmes informatiques (affaire Snowden, Wikileaks, Panama et Paradise Papers…), ont mis en évidence des dysfonctions graves, des surveillances abusives, des évasions fiscales, des trafics d’armes, des échanges diplomatiques suspects, etc…

Maintenant, via les réseaux sociaux, des fakenews, des infox,  envahissent le net, le détournant de ses valeurs premières de partage et d’échange pour le bien commun, au profit des manipulations, de la confusion et de l’intoxication. L’invention de faits ou d’informations, les cyber attaques et les hackings, deviennent une arme stratégique pour déstabiliser et nuire.

2 - Considérer l’Histoire :

Décrypter la Vérité dans l’histoire de l’Ukraine n’est pas chose facile. Ce fut un territoire, bien plus qu’une nation, habité par des peuples divers, parlant 7 ou 8 langues différentes, ballottés entre plusieurs tutelles (successivement Mongole, Lituanienne, Polonaise, Russe et, pour partie, Autrichienne).  

 

La Rus de Kiev

La Rus de Kiev

La Rus’ de Kiev, berceau de la civilisation slave, fut le plus grand état de l’Europe (882- 1240). Il est considéré comme l’ancêtre de la Russie et de l’Ukraine.

Son invasion par les Mongols (1123-1240) conduit à la création du Tsarat de Russie (capitale Moscou) alors que les territoires de la Biélorussie et de l’Ukraine seront rattachés au Grand’ duché de Lituanie, puis au royaume de Pologne.

Suite aux guerres de religion entre orthodoxes et catholiques, une partie de l’Ukraine (à l’Est de la Dniepr) sera rattachée à la Russie par le traité de Pereïaslav (1654). L’autre partie devient l’état Cosaque de Khmelnytsky, qui sera intégré dans l’Empire Russe de Catherine II au 18° siècle, la partie Ouest de l’Ukraine étant absorbée dans l’empire Autrichien.

Avec la Révolution de Février 1917, les Ukrainiens proclament la création de la République Démocratique d’Ukraine, qui résistera à l’invasion Bolchevique, son indépendance étant reconnue par la Russie au traité de Brest-Litovsk. Puis la guerre civile s’installe en Ukraine, qui sera totalement absorbée dans l'U.R.S.S. en 1922, en tant que « République socialiste soviétique d’Ukraine ».

Dans les années 30, Joseph Staline, agacé par la résistance au collectivisme de la part des paysans Ukrainiens, aurait orchestré une famine (Holomodor) qui aurait coûté la vie à plusieurs millions de personnes, désertifiant les campagnes, qui furent ensuite repeuplées par des colons Russes, surtout dans la partie est de l’Ukraine. Ceci va se prolonger par une Russophonie (et phyllie) de ces régions, encore vivace de nos jours (Donbass). En 2008, le parlement Européen a reconnu l’Homolodor comme un crime contre l’humanité, mais la controverse persiste entre l’intention de dominer et d’assujettir de la part du Kremlin, ou une gestion désastreuse par la bureaucratie communiste (il y a eu aussi de grandes famines dans la Chine de Mao Tse Tung.)

Le Nazisme et la partie Ouest de l’Ukraine (source : Wikipédia « Collaboration en Ukraine durant la Seconde Guerre mondiale »). Longtemps intégrée dans l’empire Autrichien, et anti-Russe, l'Ukraine occidentale va tisser des liens de collaboration avec les Nazis dès 1930-33, entre l'Organisation Militaire Ukrainienne (O.M.U.), commandée par Richard Yari et le chef des troupes d'assaut Allemand Ernst Röhm, permettant de militariser dans les S.A. les jeunes ukrainiens émigrés. En Juin 1941, les unités auxiliaires de l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens de Stepan Bandera, pénètrent en Galicie orientale avec la Wehrmacht. S’en suivront de violents affrontements avec les forces communistes Russes. L’Ouest de l’Ukraine va mélanger une collaboration avec les Nazis, un rejet des Soviétiques et une tentative de création d’un état Ukrainien indépendant, vite réprimée par les Nazis. Ceux ci poursuivront néanmoins leur collaboration avec  l’O.U.N. contre l’Armée Rouge, grâce à la formation de plusieurs « divisions S.S. de Galicie ». Ces troupes Ukrainiennes vont aussi participer à l’extermination des Juifs. A la fin de la Guerre, toutes ces divisions sont dissoutes par les Anglais. Le tribunal de Nuremberg, puis la Commission Canadienne pour les crimes de guerre, innocenteront les Ukrainiens qui les composaient, au motif qu’ils furent recrutés pour fuir la tyrannie Communiste. On voit clairement à postériori, que pendant cet épisode, l’antagonisme entre les Soviétiques et l’Ukraine de l’Ouest fut bien plus fort que la peur des Nazis. Ceci semble confirmé par les mouvances Nazi Ukrainiennes anti-Russes actuelles.

LA VÉRITÉ A L’ÉPREUVE DE LA RUSSIE, DE L'UKRAINE ET DE L'O.T.A.N

Carte de l'Ukraine après 1945

En 1945, tous les territoires sur lesquels vivent des Ukrainiens ont été rassemblés dans la République socialiste soviétique d’Ukraine.

Le pacte de Varsovie (1955-1991) fut conclu pour contre-balancer l'O.T.A.N., lors de l'adhésion de la république fédérale d'Allemagne. Ce traité de coopération, y compris militaire réunissait l'U.R.S.S. (instigateur du projet), la Pologne, l'Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la R.D.A., la Tchécoslovaquie et l'Albanie. La domination Russe y règne, commandant les forces armées et n'hésitant pas à envahir Budapest (1956) et Prague (1968). Elle ne pourra empêcher Lech Walesa et Vaclav Havel de devenir présidents de la république en Pologne (1990) et en Tchécoslovaquie (1989).

LA VÉRITÉ A L’ÉPREUVE DE LA RUSSIE, DE L'UKRAINE ET DE L'O.T.A.N

Le 25 décembre 1991 : dissolution de l’Union des républiques socialistes soviétiques (U.R.S.S.), qui était présidée par Michaël Gorbatchev.

L'U.R.S.S. était formée de 17 républiques. Cette dissolution est le résultat d’un lent processus de désintégrations politique, économique et ethnique, internes. Cet événement fut qualifié, par Vladimir Poutine, de plus « grande catastrophe géopolitique du 20° siècle » . A son origine, l’intensification du sentiment national dans toutes ces républiques, et le rejet de la domination Russe, qui donneront lieu à plusieurs crises, dont la Géorgie en 1978, l’Arménie en 1988, l'Azerbaïdjan en 1990, et enfin la Tchétchénie en 1991. L’U.R.S.S., organisation multi-ethnique, n’a pu proposer un nouvel avenir à toutes ses nations, dont les régimes socialistes s’effondrèrent après la chute du mur de Berlin en 1989.

En décembre 1991, La République de l’Ukraine devient réellement indépendante. Aussitôt, on assiste au pillage du pays, orchestré par les anciens soviétiques Ukrainiens et les oligarques Russes, avec une inflation record (2500%/an). En 1995, 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. En 2009 l’Ukraine obtient la médaille du pays le plus corrompu (Transparency International). Selon PopulationData.net, la population ukrainienne a diminué de 22% en 25 ans (soit 41 000 00 en 2022), le P.I.B. régresse de 4% par an, l'espérance de vie est de 72 ans. Faible natalité, exode, marasme économique, désindustrialisation, chômage, pauvreté ont fait qu'en 2018, l'Ukraine était au 88° rand mondial de l'indice de développement humain.

EuroMaîden 2014

EuroMaîden 2014

Manifestation sur la place Maïdan à Kiev - 02.2014 - Noter que la plupart des manifestants sont casqués

L'Ukraine va mal, s'appauvrit, la corruption règne, le mécontentement grandit, conduisant à la révolution populaire pacifique orange de 2004. Déclenchée par l'élection truquée du président sortant pro-Russe Viktor Ianoukovytch, elle mettra au pouvoir Viktor Louchtchenko, pro-occidental, qui gouvernera jusqu'en 20210, une Ukraine divisée, mais un peu plus démocratique.

En 2014, l'Euromaïdan, nait d'une exaspération contre Victor Ianoukovitch (réélu en 2010), chef d'un état endetté, corrompu et qui avait mis fin aux négociations pour l'entrée dans l'Union Européenne. Une révolte populaire massive (un million de personnes sur la place Maïdan), sera associée à des forces nationalistes anti-Russes violentes. La Russie va prétendre que ces forces étaient soutenues par les U.S.A. Le but d'Euromaïdan était d'en finir avec la corruption, de redonner le pouvoir au peuple, de rompre avec la dépendance à la Russie et de rapprocher l'Ukraine de l'Union européenne. Au début populaires, les manifestations deviendront violentes et seront réprimées par la force. L'Euromaïdan va provoquer la chute du régime, et le mécontentement très fort de la Russie.

3 - L’Ukraine et la Russie depuis 1991

Entre une Fédération de Russie affaiblie par la chute de l’U.R.S.S. (qui a perdu son rang de grande puissance face à la Chine et aux U.S.A.), et l’Ukraine, nation indépendante, rongée par des divisions internes géographiques et politiques, une corruption chronique et une instabilité politique, les tensions sont quasi permanentes.

La Russie va soutenir, dans l'Est de l'Ukraine, russophile, la création des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk en Avril 2014. Le gouvernement Ukrainien va employer la force contre ces initiatives. Des troupes sont envoyées, parmi lesquelles des groupes d’extrême droite (dont le groupe Azof membre de la garde nationale Ukrainienne). On va rentrer dans une guerre (qui a déjà fait plus de 10 000 morts) entre l'armée Ukrainienne et des forces locales du Donbass armées par les Russes.

En Mars 2014, suite à son invasion pacifique par des forces "non identifiées" et à un référendum, la Russie annexe la Crimée et le port de Sébastopol, en dépit des faibles protestations de l'O.N.U.

Le conflit entre l'armée Ukrainienne et les séparatistes du Donbass s'éternise. L'armée Russe va intervenir (tirs d'artillerie puis invasion des républiques de Louhansk et Donetz). Les accords de Minsk I et II, n'ont pas été respectés et les combats ont continué.

Le peuple Ukrainien connait depuis longtemps des tensions entre les provinces de l'Est (russophones et russophiles) et de l'ouest, qui parlent l'ukrainien et ne sont pas russophiles. Ainsi, il y a un brassage linguistique et des affinités divergentes envers l'Ukraine et la Russie, qui ne datent pas d'hier. La Russie a eu tendance a considérer les ukrainiens comme des "sous-russes". En 2019, l'élection démocratique de Volodimir Zelenski (pro européen et O.T.A.N.) n'a pas arrangé les choses dans ce domaine.

D'origine modeste, Vladimir Poutine, ancien du K.G.B., initialement mal considéré par ses pairs, n'a eu de cesse de gravir les marches du pouvoir, propulsé par Boris Eltsine. Il a fait de la Fédération de Russie une quasi dictature, muselant la liberté d'expression, interdisant toute contestation, réprimant violemment les manifestations. Malgré les richesses du sous sol, et une puissante armée, il n'a pas pu faire de la Russie une grande puissance économique (P.I.B. équivalent de l'Espagne). Pourtant le peuple Russe est capable, instruit et cultivé. Mais le pouvoir est corrompu, la richesse confisquée par les oligarques et Poutine lui-même. Dans le domaine scientifique les Russes reculent et sont supplantés par leurs voisins Chinois. Nourri par un ressentiment de jeunesse, arrivé au sommet de sa puissance, Vladimir Poutine est maintenant poussé par un deuxième ressentiment envers l’Occident et l’O.T.A.N. A travers le projet utopique de reconstituer la grande U.R.S.S., il poursuit sa marche en avant vers l'accomplissement suprême de sa propre destinée. Il favorise la "réhabilitation" de Staline, symbole de grandeur et de puissance violente, créant ainsi un "néo-Stalinisme impérial" (d’après Marc Crépon).

4 - Le rôle de l’O.T.A.N et ses responsabilités dans la situation actuelle

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord fut créée en 1949, pour circonscrire l’U.R.S.S. et unir l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest par un traité de coopération militaire. De 12 pays fondateurs, nous en sommes à 30, et son influence s’étend jusqu’aux frontières de la Russie suite au ralliement des anciennes républiques socialistes.

L’article 5 stipule qu' « une attaque armée contre l’un des membres sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties », ce qui engage les autres membres à l’assister en légitime défense selon l’article 51 de la Charte des Nations Unies. L’O.T.A.N. se proclame maintenant comme une organisation purement « défensive ». Un pays en guerre ne peut pas y adhérer.

L’O.T.A.N au cours des 30 dernières années, a multiplié les obscurités, les mensonges et les coups de canifs au droit international : guerre du Golfe en 1991, démembrement de la Yougoslavie en 1992, bombardement de la Serbie en 1999 et sécession du Kosovo, invasion de l’Afghanistan en 2001, guerre d’Irak en 2003, destruction de la Libye et assassinat de Kadhafi en 2011, interventions en Syrie, entre 2011 et 2019 et guerre du Yémen dès 2015 (menée sous drapeau saoudien et considérée par l’O.N.U. comme la plus grande catastrophe humanitaire de notre temps).

En 2008 Vladimir Poutine avait souhaité que l’O.T.A.N cesse son expansion, en vain. Neuf anciens pays de l’U.R.S.S. sont devenus membres de l’O.T.A.N. (Albanie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie) et 3 autres candidats à l’adhésion (Géorgie, Ukraine et Bosnie-Herzégovine). Des missiles pilotés par l’O.T.A.N. sont ainsi installés aux frontières de la Russie.

L'Ukraine a demandé son adhésion à l'O.T.A.N., de qui elle bénéficie de support logistique militaire. La Russie a fermé le robinet du gaz, obligeant l'Ukraine à payer le prix fort pour s'approvisionner par des intermédiaires.

Le rôle de l'O.T.A.N. n'est pas clair dans la révolution du Maïdan. De nombreuses sources ont évoqué une participation, active de sa part, au renversement de Victor Ianoukovitch, qui n'était pas assez favorable à l'occident. L'O.T.A.N. aurait aussi envoyé des conseillers militaires et des armes, afin de renforcer l'armée Ukrainienne (ce qui pourrait expliquer l'efficacité de la résistance à l'invasion Russe).

Pour autant, aujourd'hui, malgré les massacres et le "génocide" (selon Joe Biden), il n'y a pas d'intervention militaire directe pour secourir le peuple Ukrainien, alors que l'expansion de l'O.T.A.N. aux portes de la Russie, avec présence d'armes de destruction et l'incitation rampante à dresser l'Ukraine contre la Russie, ont mis de l'huile sur le feu et posent clairement la question de la responsabilité de l'O.T.A.N. dans l'exaspération de Vladimir Poutine.

L'OTAN  Européen 2002

L'OTAN Européen 2002

A trop vouloir gagner on finit par perdre : perdre la paix, le retour au calme et l'espoir d'une coopération constructive entre la Russie et l'Occident. Car objectivement, l'O.T.A.N. est passée d'une organisation défensive à un expansionnisme potentiellement menaçant. Ceci est souligné dans l'article de Yves Bonnet et Éric Denécé " Guerre d’Ukraine comment en sommes nous arrivés là ? ", paru le 11.03.2022 dans liberté politique.com

LA VÉRITÉ A L’ÉPREUVE DE LA RUSSIE, DE L'UKRAINE ET DE L'O.T.A.N

5 - L'invasion Russe et la résistance Ukrainienne : "Mensonges et Vérité s'affrontent aussi"

Précédée par de grandes manœuvres de l'Armée Russe, prétendues être des exercices, aux frontières de l'Ukraine, l'invasion a lieu sans préavis le 24 Février 2022 (Source Wikipedia : Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022) avec pour but de prendre Kiev. Elle jette un émoi dans l'Occident et surtout en Europe. La résistance inattendue de l'Ukraine (l'armée, mais aussi toute la population) va amener Vladimir Poutine à réviser ses objectifs vers le Donbass, au bout d'un mois. Ce début de guerre a été marqué par des informations contradictoires entre Volodymyr Lezinski et son équipe, et le gouvernement et l'état major Russes : nombre de soldats et de civils morts ou blessés, nature des opérations militaires, bombardements d'hôpitaux et de maternité, destructions d'habitations, du Théatre de Marioupol, naufrage du Moskva navire amiral Russe, etc...

La réalité des massacres de Boutcha par l'armée Russe est contestée par Vladimir Poutine et son équipe, qui ont prétendu que les autorités ukrainiennes et les médias occidentaux les ont mis en scène, ou bien que des soldats ukrainiens les ont commis pour faire accuser Moscou.

Une journaliste française indépendante, Christelle Néant, a publié un article sur "Agoravox", ou elle prétend démontrer la mise en scène des massacres et que les cadavres étaient encore vivants, ou pas assez décomposés...

Depuis il y a eu des enquêtes de terrain (Human Rights Watch, des gendarmes Français travaillant avec la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova et la Cour Pénale Internationale), des témoignages (le maire de Boutcha, le journaliste espagnol Santi Palacios, les envoyés spéciaux de B.F.M. TV, des journalistes de l'A.F.P. et Guillaume Brunéro pour M6, qui a confirmé que les cadavres étaient gris bleus et gonflés).

De plus, des photos satellites et une vidéo aérienne captée par un drome, montrent 11 cadavres dans les rues et l'assassinat d'une cycliste, pendant la présence des troupes Russes. Le responsable de ces troupes a été identifié, il s'agit du lieutenant colonel Azatbek Omurbekov connu pour sa cruauté. Enfin, les services de renseignement allemands ont enregistré des communications radio de soldats russes dans lesquelles ils évoquent les exactions commises à Boutcha.

Beaucoup d'observateurs, de politologues ont avancé que l'histoire regorge d'épisodes ou des massacres ont été mis en scène pour affaiblir (ou attaquer) l'ennemi. Ce n'est qu'après, que les supercheries sont apparues (par exemple, le charnier de Timisoara en 1989, dont les cadavres avaient été exhumés de la morgue)

Cependant, ici l'O.N.U. a elle aussi enquêtée et ses conclusions sont sans appel dans la bouche de Ravin Shamdasani, porte parole du haut commissariat des droits de l'homme : "Les forces armées russes ont bombardé et pilonné de manière indiscriminée des zones peuplées, tuant des civils et détruisant des hôpitaux, des écoles et d’autres infrastructures civiles, autant d’actions pouvant relever des crimes de guerre [ainsi que] le meurtre, y compris certains par exécution sommaire, de 50 civils dans la ville de Boutcha ".

On pourrait épiloguer sans fin. Retenons que au poker menteur, il y a souvent plus à perdre qu'à gagner et qu'à terme, la Vérité finit par pointer son nez. Beaucoup se sont brulés au feu du mensonge, tôt ou tard.

6 - Les relations entre la recherche de la Vérité et le conflit en Ukraine

Au début du 3° mois de guerre, l'utilisation du mensonge n'apparaît plus comme une arme puissante, mais plutôt à double tranchant. Les médias, les témoignages, la présence sue le terrain d'observateurs, d'experts et d'O.N.G., rétrécissent les marges de manœuvre des menteurs. Ainsi, la Vérité et sa recherche ont pris une place croissante. Il y a toujours des acharnés sur les réseaux sociaux, des médias pro russes et une symbiose entre le "Poutinisme" et le Mensonge, mais maintenant tout le monde le sait et presque personne n'est dupe.

Toutefois, il convient de rester prudent quand il s'agit d'affirmer que l'on détient la Vérité, surtout à chaud, dans la dramaturgie créée par les bombes et les destructions aveugles. Une hirondelle ne fait le printemps et l'on ne sait pas tout. L'Ukraine est loin, la situation complexe, avec un historique et une étiologie du conflit difficiles à décrypter, des approches et des points de vue multiples, des éclairages et interprétations subjectivisées selon les protagonistes. Car limiter l'obtention de la Vérité à une simple observation factuelle et une description évènementielle est une démarche réductrice que dénonceront les historiens et analystes futurs.

Ce conflit survient dans un monde numérisé, hyperconnecté, "instantanéisé", avec des milliards de spectateurs et de commentateurs. Tout le monde n'a pas la prudence, le recul, l'expérience, le sens critique et le savoir faire nécessaires pour s'attaquer à la problématique de la Vérité. La mise en avant de la recherche de preuves pour déterminer la Vérité est quand même louable, encourageante et semble avoir l'agrément d'un grand nombre de personnes (mais, quel est leur sincérité dans leurs assertions vers ce but ?).

Dans cette affaire, gardons nous des positions épidermiques, rudimentaires, partisanes et manichéennes. Nul n'est tout blanc ou tout noir. D'autant plus qu'elle est le continuum d'une longue histoire, celle de l'humanité, de ses tensions, oppositions, conflits, mésententes, de son incapacité à s'accorder pour un monde apaisé, apte à partager et à être solidaire. Bien sûr la terrible violence de l'armée russe et l'obstination de Vladimir Poutine émeuvent, interrogent, inquiètent et révoltent. Ce n'est pas acceptable ni excusable. Aucune cause ne justifie une telle conduite. Même s'il avait raison, on n'agit pas ainsi avec les civils, les vieillards et les enfants. Cette violence est abominable, quelle qu'en soit sa "motivation". Être solidaire de ces exactions est inhumain !

Il y a eu des violences équivalentes et probablement pires dans l'histoire, des génocides, des bombardements y compris nucléaires (Hiroshima et Nagasaki), des tortures, des sévices horribles. Rares sont les peuples qui n'ont jamais recouru à la violence. "Que celui qui n'a jamais pêché jette la première pierre".

Sommes nous aujourd'hui revenus à l'âge d'Attila, des barbares, des croisades, des colonies, des Nazis et des Goulags ? La recherche et la nécessaire mise en valeur de la Vérité pourront servir pour déterminer l'importance des crimes commis et l'implication des responsables. Mais la tâche sera ardue car il y a des milliers de témoignages, de documents, d'articles, et de sites internet à consulter. De plus l'Ukraine dispose de moyens et de capacités en stratégie de communication, pour faire passer ses messages, la Russie étant déjà passée maître dans ce domaine depuis longtemps. Le combat judiciaire pour la recherche des preuves a déjà commencé. Nous avons besoin de la Vérité.

7 - Quelle issue et quel futur envisageables à ce conflit ?

Nous avons aussi besoin d'humanité, d'empathie et de tolérance. Ce conflit se terminera un jour. Il faudra bien vivre ensemble, essayer de ne plus se détester, de mentir, de dissimuler, de calculer pour dominer, accaparer et posséder.

L'Occident géographique n'arrive pas aux portes de la Russie, nous serions au moins au centre, voire au début de l'Orient. On ne va pas coloniser toute la planète et assujettir ceux qui ne vivent pas ou ne pensent pas comme nous. Une Vérité est que nous sommes tous des descendants de Sapiens, des humains, mais différents et multiples. Un monde futur qui continue de se détester, se combattre (militairement, idéologiquement ou économiquement) est voué à l'échec. Pendant que nous nous affrontons, la terre brule, s'épuise et finira par nous rejeter parce que nous serons devenus insupportables et indignes de l'occuper.

J'ignore ce qu'il va advenir de nous dans les mois à venir.

  • Une guerre atomique semble peu probable, mais cette éventualité est constamment agitée par les médias et le gouvernement Russe. La détermination et la fureur de Vladimir Poutine font planer une grande inquiétude... Le sort de l'Ukraine vaut 'il une guerre nucléaire mettant en jeu l'avenir de l'humanité ? Jusqu’où aller ?
  • 
  • Une guerre longue épuisante et meurtrière est possible, avec des blessures profondes qui seront difficiles à réparer. Cependant l'armée Russe avance peu au Donbass. Quel est le moral des troupes ? La logistique coûteuse finira t'elle par s'affaiblir ? Les finances Russes seront 'elles à la hauteur de la situation ? C'est probablement ce que pressent Joe Biden, en accentuant la fourniture d'armes aux Ukrainiens. D'ailleurs, le 05.05.2022 le gouvernement Russe a reconnu que la fourniture d'armes à l'Ukraine empêche l'avancée des troupes Russes (qui par endroits commencent à reculer). Et que va faire la Chine si le conflit s'éternise, mettant à mal l'activité commerciale ?
  • 
  • Des négociations subitement reprises d'abord autour des couloirs humanitaires, puis de l'arrêt des combats, pourront t'elles préfigurer une sortie de crise avec un état neutre Ukrainien dont la sécurité sera garantie ? La situation à l'Est de l'Ukraine sera très difficile à négocier. Il faudrait un miracle pour trouver une solution rapide.

Ni la Russie, ni l'Ukraine, ni l'Europe, ni le monde ne sortiront vainqueurs, mais plutôt affaiblis et désorientés. Le plus probable est que les choses continueront comme avant, avec quelques ajustements, vraisemblablement marginaux.

Gare à ne pas humilier le, ou les perdants éventuels. Un ressentiment néfaste surviendrait avec des tensions et un désir de revanche (comme le Nazisme après la première guerre mondiale). Cependant, après avoir déterminé les causes et les responsabilités dans la survenue des évènements actuels, et traduit les coupables en justice, des décisions efficaces seront à prendre, de telle sorte qu'ils ne se reproduisent plus, et que la paix soit durablement garantie.

Comment réparer tout ce qui a contribué à créer ce conflit ? Ce serait trop facile de dire "seul Poutine est responsable", tuons le et tout ira bien. Ou bien mettons le en prison ou déclarons le aliéné. Les criminels doivent payer, mais ne soyons pas nous aussi, pourvoyeurs de violence. Les Guillotines n'ont rien apportées aux belles idées de la révolution française. Peut on penser que les U.S.A. et l'O.T.A.N. feront amende honorable et reconnaîtront une part de responsabilité (ou au moins de légèreté) avec leur encerclement politico-militaire de la Russie ? Le néocapitalisme libéral exacerbé sera t'il montré du doigt et une civilisation nouvelle plus fraternelle verra t'elle le jour? La Chine, l'Inde, les pays Asiatiques, les émirats Arabes seront' ils partie prenante dans cette heureuse évolution?

Tout ceci semble utopique. Mais l'utopie est nécessaire pour espérer un monde meilleur.

EN SYNTHESE :

La guerre actuelle n'est pas arrivée là par hasard. Elle était prévisible avec une Russie inquiète de son rang, son influence et sa sécurité face aux U.S.A. et l'O.T.A.N., qui n'ont cessé de progresser. L'Ukraine, proche de la Russie, en récession économique mais détentrice de richesses (sous sol, agriculture), s'est démocratisée et tourne ses yeux vers l'Occident, ultime irritation pour Vladimir Poutine qui a choisi le conflit brutal.

La Vérité, bien qu'encore difficile à déterminer, apparaît comme un enjeu de poids, aussi bien pour la qualification des faits (en particulier les crimes de guerre), que pour l'analyse et la compréhension des processus et la détermination des responsabilités des états et des hommes. L'approche de la Vérité bénéficie de la médiatisation, de l'internationalisation des observateurs et des intervenants et de la rapidité de diffusion des informations. Tout se passe quasi en direct, en plein jour. Le mensonge rapporte peu ici, car les satellites, le numérique, les smartphones sont des armes de communication et de transparence. Elles véhiculent aussi bien le Mensonge que la Vérité et chacun peut analyser, consulter plusieurs sources, distinguer les allégations de propagande des faits clairement établis.

C'est probablement le premier enseignement de cette guerre.

Le deuxième n'est pas neuf : un peuple envahi, agressé, brutalisé est capable de résister et de décupler ses forces. Voir la Gaulle, la Russie, le Vietnam, l'Algérie, l’Afghanistan et bien d'autres. Les Guerres n'ont jamais rapporté, à la fin, ce que leurs initiateurs en espéraient. L'Ukraine fragilisée a résisté et obtenu le soutient de l'Occident. Aux yeux du monde elle est agressée par La Russie. Seuls les pays totalitaires ou économiquement liés à la Russie en disconviennent.

Le troisième, c'est que la violence brutale et aveugle est la pire des choses pour celui qui la crée et celui qui la subit. Que ce mal ancestral est encore bien vivant, malgré toutes les expériences néfastes passées que nous avons été amenés à connaître. L'homme n'apprend que peu de ses erreurs. Si la science et la technologie ont fait de nous les maitres du monde, elles n'ont pas eu d'action sur le ressentiment et la violence.

Ne perdons pas espoir. Il y a lieu ici de remettre 20 fois sur le métier notre ouvrage et de continuer à lutter pour la paix, le partage et le respect des droits de l'homme.

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